📖 La Charente héritière du Périgord

29/10/2019

Coucher de soleil en Sud-Charente Périgord à Chalais

 

 

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Partons pour une enquête des plus innatendue, cette fois, de nature historique et toujours d'actualité, dont certains faits sont effacés au profit de d'autres. Mais si on vous disait que la Charente, à elle toute seule, possédait autrefois l'Angoumois, la Saintonge, le Limousin et le Périgord, vous nous croiriez ? Et bien pourtant, la Charente est bien l'héritière légitime de toutes ces provinces qui donnent la part belle aux autres. Et pourtant, certains morceaux de ces provinces font encore partie de la Charente ...

 

 

Le département de la Charente tel qu'il apparaît actuellement n'a subi aucune modification de ses limites départementales depuis sa création officielle le 4 mars 1790. Mais il n'en a pas été ainsi à l'intérieur où le nombre des arrondissements, cantons et communes a beaucoup varié dans le temps, surtout au XXe siècle.

 

La carte du périgord faite par l'Evesché de Périgueux, avec deux agrandissements pour vous montrer la partie Charentaise.

Partie septentrionale de la Seneschausée de Perigord. Partie septentrionale de l'Election de Périgord.

 

Le département de la Charente est l'héritier de l'ancienne province de l'Angoumois dans sa totalité dont la capitale historique est Angoulême, et de la partie orientale de la Saintonge dont Saintes était l'antique capitale, ainsi que de quelques portions de la province du Limousin et du Périgord.

 

Sa préfecture est Angoulême et les deux sous-préfectures sont Cognac et Confolens.

Les nouvelles formes de gestion administrative de l'espace territorial n'échappent pas à la Charente qui est l'un des départements français les plus avancés en termes d'intercommunalités.

Pour beaucoup, le Périgord c'est la Dordogne, mais il en est tout autre, en fait. Personne n'est sans savoir que le limousin, la Dordogne et la Charente se disputent le Périgord vert.

Oui, la Charente possède toujours un bout du Périgord vert de nos jours. Nous en retrouvons des traces qui le prouvent et qu'il faut bien admettre. Des traces effacées pour le profit des autres.

 

1) Commençons par la Charentaise. Célèbre pantoufle de confort, la Charentaise a, depuis 2019, retrrouvé sa lettre de noblesse, parce que fabriquée entre la Charente et la Dordogne :

La Charentaise de Charente-Périgord protégée par une Indication Géographique ! (cf)

 

2) Sur l'est de la Charente, vous retrouverez des communauté de commune "Seuil Charente-Périgord". Un clin d'oeil forcément à l'appellation Périgord en Charente.

 

3) En sud-Charente, vous retrouverez la ville de Chalais où se trouve le chateau des Talleyrands en Périgord. Aujourd'hui il appartient à Yves Lecoq qui le rénove parfaitment bien. D'ailleurs, à Chalais, vous y trouverez bon nombre de produits du Périgord pour faire ravir les papilles.

 

4) Aubeterre-sur-Dronne est un petit village Charentais, basé en sud-Charente, mais que souvent les gens de Dordogne s'approprient car étant basé en frontière. Mais non non, ce village est Charentais et le restera. D'ailleurs, à Aubeterre, vous y retrouverez l'Hostelleire du Périgord. Et comme le dit cette carte, Aubeterre sur Dronne est aux confins de la Charente et du Périgord.

 

Malheureusement, le Périgord ne s'arrête pas à une frontière départementale, comme nous le voyons souvent, ceci est une grosse faute faite et transmise depuis trop longtemps. Nous devons rendre à la Charente sa part du Périgord qui existe toujours et devons admettre une bonne fois pour toute que cette appélation protégée n'appartient pas qu'à un seul département.

La Charente Périgourdine cache bon nombre de secret et de beauté à couper le souffle qui méritent le détour. Et croyez-moi, ça vaut le détour. Voici quelques photos de la Charente Périgord, avant de découvrir les racines de cette histoire :

Historique : les origines et les causes

 

Dans l'Ancien Régime et tout particulièrement au XVIIIe siècle, l'administration des provinces était devenue si complexe qu'il était devenu pressant de la réorganiser en profondeur. L'événement historique de la Révolution française avec la chute de la royauté et l'instauration d'une République laïque bouleversa considérablement la carte administrative de la France.

Pendant l'Ancien Régime, le roi se faisait représenter dans ses nombreuses provinces, aux dimensions fort inégales, par un intendant qui avait la charge d’une circonscription portant le nom de généralité. Mais avec la centralisation du pouvoir monarchique absolu, l'administration des provinces était devenue particulièrement complexe, notamment au XVIIIe siècle.

Tout d’abord, au XVIIe siècle, la généralité de Limoges incluait l’Angoumois, tandis que la Saintonge relevait de celle de Bordeaux.

Dans l'Ancien Régime, Cognac appartenait à l'ancienne province de Saintonge et était l'une des élections de la Généralité de La Rochelle.

En 1694, un intendant était délégué à La Rochelle. Son pouvoir s’étendait sur l’Aunis et la Saintonge. La généralité de La Rochelle se subdivisait alors en cinq élections : La Rochelle, Saintes, Cognac, Saint-Jean d’Angély et Marennes. La fonction d’intendant comprenait la justice, la police et les finances. En fait, la justice était du seul ressort du Parlement de Bordeaux qui étendait son influence judiciaire sur la Saintonge et l’Angoumois.

Quant à l’administration religieuse, trois diocèses se partageaient les provinces : Angoulême, Poitiers et Saintes.

La Révolution française mit fin à cet enchevêtrement des pouvoirs administratifs, judiciaires et même religieux. Pendant la Révolution, l’Assemblée Constituante décida une réorganisation administrative complète qui lui permettait d’enlever au roi une partie de ses moyens d’action et de constituer des circonscriptions électorales et décida de créer une nouvelle entité administrative, le département2.

Le 13 janvier 1790, la France est donc divisée en 83 départements, eux-mêmes partagés en districts, lesquels sont subdivisés en cantons. Ces départements devaient avoir en moyenne 350 lieues carrées pour être formés – c’est-à-dire 6 000 km 2 – et tout habitant devait pouvoir se rendre au chef-lieu de son département à cheval en une journée.

 

 

La création du département de la Charente

Historique sommaire de la création du département

 

L'Hôtel-de-ville d'Angoulême. La ville est la préfecture de la Charente depuis la création du département.

C’est en grande partie sur l'ancienne province de l'Angoumois que le département de la Charente a été formé et Angoulême fut choisie de préférence pour être la capitale administrative grâce à sa centralité géographique au sein du nouveau département.

Les députés de l’Angoumois, dont la superficie était inférieure à celle fixée pour constituer un département à part entière et trop étendue pour s’ajouter à une autre province, durent ajouter au prix de vives discussions d'autres paroisses, ancêtres des communes actuelles, venant des provinces voisines.

Les tractations aboutirent de manière différente d’une province à une autre :

Au nord de l'actuel département, des paroisses appartenant au marquisat de Ruffec ont été cédées au Poitou qui renonça à quelques-unes de ses exigences mais la petite ville de Ruffec fut intégrée au nouveau département et fut même choisie pour devenir un chef-lieu de district.

À l'est et au nord-est de la nouvelle entité territoriale, la région de Confolens, faisant alors partie du Limousin, fut revendiquée par les députés du Limousin, du Poitou et de l’Angoumois. Ces derniers réclamaient également Rochechouart. Le Confolentais fut finalement attribué au nouveau département de l'Angoumois et forma un district avec Confolens comme chef-lieu de district. Si Chabanais fut intégré au département de la Charente, Rochechouart fut rattaché au département de la Haute-Vienne et devint dans ce département un chef-lieu de district.

 

Les halles de Baignes-Sainte-Radegonde.

L'Angoumois céda au Périgord – qui devint le département de la Dordogne – des paroisses des juridictions de Saint-Aulaye au sud de la Dronne et l’enclave de la Tour Blanche. Baignes-Sainte-Radegonde, actuel chef-lieu de canton, appartenait au Petit Angoumois, enclavé dans la Saintonge. La Saintonge, pour sa part, a été en partie démantelée pour la création du département de la Charente-Inférieure et a cédé les élections de Cognac et de Barbezieux pour contribuer à la formation du département d'Angoumois qui devint par la suite celui de Charente.

De même, le Petit Angoumois, qui constituait une enclave en Saintonge, a été rattaché au département, il forme l'actuel canton de Baignes-Sainte-Radegonde.

Enfin, au début de 1790, la délimitation du département d'Angoumois fut fixée. Elle ne subit plus de modification de ses limites par la suite. Le département fut divisé en six districts de taille relativement comparable, 44 cantons et 429 communes1.

Le 4 mars 1790, dans la désignation des 83 départements, le département d'Angoumois fut dénommé dans un premier temps département de la Haute Charente, avant d'adopter définitivement celui de Charente quelques mois plus tard.

La ville de Cognac qui supportait mal la suprématie administrative d’Angoulême, demanda, sans résultat, pour l'administration, l'alternat3, et pour la justice, l’établissement d’un tribunal de même importance que celui d’Angoulême. Barbezieux qui, dans un premier temps, avait accepté son rattachement à l’Angoumois, réclama de continuer à relever de la Saintonge, à laquelle la rattachait l’habitude en raison des modalités de répartition des impôts et de la jurisprudence, différentes de celles pratiquées en Angoumois.

 

Le château de Verteuil, cette commune fut chef-lieu de canton de 1790 à 1800 dans l'ancien district de Ruffec.

Des antagonismes eurent lieu pour l’attribution d’un siège d'une administration de district ou d’un tribunal prévu à la suite de la réorganisation de l’ordre judiciaire. Les chefs-lieux d’anciens fiefs d’une certaine importance et des localités actives revendiquèrent des prétentions à l’une ou l’autre de ces fonctions. Parmi ces petites villes ou ces gros bourgs figuraient Aigre, Aubeterre, Chabanais, Chalais, Champagne-Mouton, Châteauneuf, Jarnac, Marcillac, Marthon, Montbron, Montignac, Montmoreau, Verteuil et Villebois-Lavalette.

Aubeterre souhaita même obtenir le siège d’un septième district qui ne vit jamais le jour.

Le décret du 23 août 1790 désigna six villes où devaient siéger les tribunaux de district : ce furent les mêmes que pour l’administration. Il s'agissait d'Angoulême où, dans cette dernière, furent définitivement fixés les sièges de l'Administration et de la Justice départementales, de Barbezieux, de Cognac, de Confolens, de La Rochefoucauld et de Ruffec.

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June 13, 2019

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