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🌳🗣📖 Rencontre : Druide Alwen (dossier spécial Druides et Celtes)

12/12/2018

 

Pouvez-vous vous présenter en tant que Druide ?

Je suis le Druide Alwen ce qui en Gaélique veut dire « noble ami ». En breton ancien, on pourrait le traduire par « ange blanc », mais dans la langue parlé et écrite de nos jours, c’est « Gwenael »  qui est le plus courant (Gwenn = blanc, Ael = ange).

 

Pouvez-vous nous parler un peu de vous ?

La Bretagne une terre de légende, de mystère, de magie qui peut avoir les 4 saisons en une journée mais aussi une Terre Celtique. Vous n’y êtes jamais venus ? N’hésitez pas et oubliez tout ce qui peut être dit sur cette région. Vous serez surpris !
On parle beaucoup de Brocéliande, la forêt de Merlin et des légendes Arthuriennes. Bien entendu nous n’oublierons pas les Druides. Et oui, il existe encore des Druides en Bretagne. Ceux qui sont comme reconnus par les bretons et qui sont inscrits à l’OBOD (Ordre des Bardes, Ovates et Druides). Ils enseignent les anciennes traditions païennes et officient encore dans différents endroits de notre pays et aussi un peu partout, en France, Irlande, Écosse, Islande... Ils connaissent la forêt, les animaux, les plantes, la magie et tous les petits secrets des mystères de l’humanité.
Je suis un Druide de Bretagne. Ma grand-mère était guérisseuse dans la région du Trégor (côte de granit rose) ce qui m’a permis de recevoir cette transmission de famille. Après plusieurs années d’études médicales, j’ai reçu l’enseignement du Druide Yan Sukellos (Druide du collège des grands chênes de Brocéliande) durant 5 ans. On est Druide, mais nous avons une vie quotidienne comme tout le monde. On se marie, nous avons des enfants, on se lève tous les matins pour travailler etc.

En ce qui me concerne, je suis très attaché aux anciennes traditions et au contact écologique de notre terre si mal menée par l’humain. J’ai beaucoup étudié cette cause en voyageant un peu partout pour aller à la rencontre des différentes cultures et des différents peuples (USA, Canada, Polynésie, Afrique du Nord, océan Indien, Europe etc.). Druide c’est être toujours au contact de cette nature qui nous fait vivre, d’être à l’écoute de ceux qui souffrent, ceux qui souhaitent prendre le chemin de l’humilité, ceux qui désirent pratiquer l’ancienne religion, ceux qui nous sollicitent pour un mariage, un baptême, une cérémonie, ceux qui demandent un conseil, un soin, une guérison spirituelle et ceux qui veulent vivre librement et en harmonie avec eux-mêmes. L’AMOUR !
Druide à notre époque c’est aussi s’adapter à cette nouvelle société et apprendre que l’être humain à toujours quelque chose de bon au fond de lui-même et qu’il peut très bien se passer des différentes technologies pour vivre en paix et avec le sourire.
Druide, j’enseigne aussi la phytothérapie, la radiesthésie et la maîtrise de soi. J’écris aussi des poèmes japonais (les Haïkus) et des histoires sur les Elfes qui sont mes amis et mes compagnons des chemins et des landes.
Bien entendu, vous pouvez me poser des questions, je reste ouvert à chacun et je suis à l’écoute à votre curiosité.

Comment êtes-vous entré dans ce milieu celtique ? Comment l’avez-vous décidé ? Pourquoi ?

C’est en 1997 que je rencontre le Druide Yan Sukellos du collège des grands chênes de Brocéliande à Paimpont en Bretagne. Il  me parlera des anciennes traditions celtiques et druidiques de notre pays  qui étaient très respectées par nos anciens. Je vais ressentir au fond de moi un profond respect et une grande envie de suivre ces enseignements. Pendant cinq ans je vais écouter et suivre les pas de Yan. J’y ajouterai ensuite deux années supplémentaires pour la pratique ou je deviendrai moi-même enseignant et officiant des cérémonies. En 2004 la décision sera vitre prise, je rentre dans l’ordre des ovates, bardes et druides de Bretagne. Je deviens Druide Alwen.

 

Pouvez-vous nous parler un peu de votre cheminement et de votre venue dans l’ordre des Druides ?

Vous êtes Druide en Brocéliande. Avez-vous fait des études ? Parlez-nous des écoles druidiques ?

Je suis Druide en Bretagne, c’est « quelque chose » que je ne parle pas en public et que je garde un peu secret au fond de moi. Bien entendu je réponds aux questions qui me sont posées par les personnes intéressées. Cinq années d’études chez les druides. Peut-on parler d’étude ? Je ne pense pas. C’est plutôt un enseignement verbal, d’approche, de connaissances et d’amour avant tout. On y apprend le respect envers l’humain, les animaux, les végétaux et tout ce qui vit et existe tout autour de nous, comme la lumière, les étoiles, les astres, le vent, la pluie… Nous apprenons aussi à écouter le souffle de la vie de la Terre, notre mère, la Déesse. Tout le monde peut suivre ces enseignements et pratiquer ensuite l’ancienne religion. Pour ma part c’est une « école « ouverte pour tous. Même si il existe certaines clairières ou bosquets (groupes de membres initiés qui se réunissent pour célébrer les différentes cérémonies celtiques et druidiques), qui sont fermés, c’est-à-dire qui n’acceptent que des personnes bretonnes et qui parlent breton couramment. C’est leur choix.

 Druide Alwen assis sur le fauteuil de Merlin

 

Pouvez-vous nous parler des fêtes celtes ?

Quand les fêtes païennes celtes arrivent, procédez-vous aux cérémonies en pleine nature ?

Les fêtes païennes ou celtes chez nous sont des cérémonies qui étaient fêtées par nos anciens pour honorer certains Dieux, les Déesses, les cycles des saisons comme l’automne avec Samain,  l’été avec Lughnasad et sans oublier les équinoxes et les solstices qui donnent  un mouvement de  changement pour l’équilibre de la terre et pour les humains. A l’approche d’une fête païenne, je prends le temps de réfléchir de me connecter avec l’univers et moi –même et de préparer cette célébration avec quelques amis ovates, bardes, initiés, invités qui seront présents le jour fêté. Nous nous retrouvons le plus souvent dans une forêt, un endroit sacré et haut lieu énergétique comme un dolmen ou menhir. Des endroits qui nous relient directement avec le ciel et la terre. Des lieux ou les taux vibratoires sont élevés afin d’amplifier nos prières, nos souhaits et notre amour avant tout. L’univers et la terre ne font qu’un ! et l’humain est le point, le centre du grand tout. Tout est partage dans le cercle que nous formons et que nous traçons, comme toutes lois de l’univers. Les prières sont dites avec notre voix et notre vibration positive parce qu’elles sont adressées directement au grand tout, la création. Nous terminons toujours nos célébrations par une communion sacrée ou nous partageons le pain et le sel (la vie), la pomme (la connaissance) et l’hydromel (boisson sacrée des Druides).

 

Que pensez-vous des pratiques religieuses d’aujourd’hui ?

Les différentes pratiques religieuses d’aujourd’hui doivent être respectées sachant qu’elles parlent et qu’elles invitent les pratiquants à partager l’Amour et le soi profond. Bien entendu nous savons bien qu’il y a dans chaque religion des groupes extrémistes  qui ont soif de pouvoir et veulent seulement occuper la première place, c’est-à-dire gouverner et devenir maître du monde. Personnellement je suis né d’une famille bretonne ou la religion catholique était très présente et nous avons tous ou presque tous étudié le catéchisme. Mais j’ai eu la chance d’avoir une famille ouverte et qui ne souhaitait pas renier ses origines païennes. Je me souviens très bien, qu’un dimanche je partais à la messe avec ma grand-mère et sur le chemin du retour je lui avais posé cette question :

« - Dis-moi, pourquoi  j’aime bien aller dans cette église écouter l’office, regarder les belles statues, les vitraux et les vieilles colonnes de pierre et après me balader en forêt avec toi ? » car je me sens très bien dans ces deux endroits et elle m’avait simplement répondu :

« - Ah Frédéric, dans une église tu vois avec tes yeux et dans la forêt tu vois avec ton cœur » silence.

 

Des personnes/entités (mortes ou vivantes) vous ont-elles marquées, voir forgées ?

En fait, à 7 ans je n’avais pas bien compris ce qu’elle voulait me dire, mais en vieillissant j’ai vite compris sa réponse.

Avec le temps j’essaye d’être toujours en contact avec les éléments de la nature à respecter les autres et les vivants. Quelquefois je m’adresse aussi aux défunts disparus en priant ou en déposant des offrandes à la terre comme des fleurs, des fruits, du pain ou autre. Par simple respect et pour les remercier de nous avoir laissé des enseignements, des connaissances et surtout le pouvoir d’aimer. Bien entendu il m’arrive d’être en colère, d’en vouloir aussi à quelqu’un, de crier mon injustice ou de mettre un coup de pied pour que cela avance plus vite. Mais avant tout, n’oublions pas que nous sommes des êtres humains (incarnés) et que nous devons vivre sur cette terre car nous l’avons souhaité et voulu. Donc nous nous exprimons et quand le calme est revenu, nous pardonnons et nous prions pour rétablir l’harmonie et l’équilibre en notre soi.

 

Qu’attendez-vous des connaissances que vous avez acquises ?

Quel sentiment retirez-vous de la pratique druidique ?

Maintenant j’accompagne des personnes à la recherche de leur propre spiritualité sur les chemin du Druidisme. Nous marchons sur les chemins des Dieux et des anciennes traditions de nos forêts et campagnes bretonnes. J’enseigne ce que j’ai appris de mes « pères » avec un langage simple et toujours en fusion avec les éléments qui vont apparaitre au cours de notre promenade. Écouter le vent, observer les animaux, sentir les différentes odeurs qui nous entourent, élever nos sens aux vibrations de notre Terre nourricière, l’enseignement des textes anciens, des prières et pratiquer les gestes de la magie des Druides, des anciens et des anciennes. C’est toujours pour moi un grand plaisir de satisfaire la demande de toutes ces personnes qui ressentent le besoin de se reconnecter aux pratiques ancestrales. Je suis toujours très sensible à la demande des couples qui me demandent de les unir dans le lien sacré du mariage, des parents qui souhaitent un baptême sacré à leurs enfants, de fêter aussi des fiançailles, de pleurer un défunt et de célébrer la vie et quelque part la Renaissance …. 

 

Êtes-vous en parfaite communion avec la nature ? Et les animaux ?

Je ne peux pas tout écrire ce que je ressens du druidisme car cela prendrait des pages et des pages. J’ai simplement l’envie de dire que nous sommes tous des Dieux et qu’il faut rester à l’écoute de notre âme et respecter tous les vivants qui nous entourent. Qu’ils soient humains, animaux, végétaux et minéraux aussi. Nous avons le droit d’aimer, de parler, d’exprimer notre joie, de rire, de chanter, de crier et de pleurer aussi mais n’oublions pas de dire à notre conjoint, nos enfants, nos amis « je t’aime » la vibration y est très forte car elle vient du cœur et le Dieu que nous prions (peu importe le Dieu que nous croyons) vit bien douillettement logé dans notre cœur avant tout.

Druides : un documentaire pour voir la vie d'une autre manière

Annick, Jean-Jacques et Philippe vivent en Bretagne, dans les Vosges et en Bourgogne, ils sont druides. Ils nous guident dans leur univers spirituel et nous font partager ce qu’ils vivent intérieurement.

Au quotidien ils se prénomment Philippe, Jean-Jacques et Annick. Ils vivent en Bourgogne, en Alsace et en Bretagne. Retraités ou en activité, ils ont une vie sociale, professionnelle et familiale tout à fait ordinaire. Pourtant, ils cultivent leur différence au sein de leur groupe celtique baptisé “leur clairière“.

Ils sont aussi Gwinver, Ioan et Diannan. Dès lors, ils sont bardes, ovates ou druides.

Leur philosophie druidique les amène peu à peu à observer et à ressentir l’univers qui les entoure d’une manière différente et à communiquer avec les éléments naturels.

Ils s’adonnent alors à une quête et partent sur les traces d’une spiritualité aujourd’hui éteinte.

Les personnages de ce film sont passionnés par la civilisation celtique. Chacun mène sa petite enquête à la recherche de signes, parfois discrets, de ce passé celtique lointain. Ces signes sont présents physiquement, sur des pierres et dans des monuments, mais aussi dans les vieilles coutumes et croyances, dans les contes et légendes.

Cette recherche, ils la mènent individuellement à deux pas de chez eux. Elle n’a rien de scientifique mais elle est sincère et méticuleuse.

Les résultats de leurs recherches ne seront pas confrontés aux sources historiques car il n’y en a aucune. Elle correspond avant tout à un besoin de remonter le temps pour se rapprocher de l’ancêtre Celte.

Un ancêtre rêvé ? En tout cas, un ancêtre qui fait rêver...

Nous les accompagnons, le temps d’un film, dans cette quête durant laquelle nous les observons avec bienveillance et sans jugement.

La question de la réalité comme de la vérité ne se pose pas ici, il s’agit de ressentis.

Une quête, quelle qu’elle soit, n’est pas sans incidences sur la personne qui la mène, alors nous les écoutons pour comprendre ce qui a changé, ou ce qui va changer en eux.

Ils nous guident dans leur univers spirituel au contact de lieux naturels prestigieux pour nous faire partager ce qu’ils vivent intérieurement.

Un voyage quasi chamanique entre imaginaire, réalité et poésie.

Une découverte d’une autre forme d’écologie.

 

DRUIDES Un film de Jean-Michel Dury Écrit par Denis Becker et Jean-Michel Dury

Une coproduction France 3 Bourgogne-Franche-Comté et Ere production Avec la participation du Centre National de la Cinématographie et de l’Image Animée (CNC) et de la Région Grand-Est

 

(article publié le 11 octobre 2018 sur le lien suivant : https://www.jumperlibrairie.com/single-post/2018/10/11/Druides-un-documentaire-pour-voir-la-vie-dune-autre-mani%C3%A8re )

Les celtes

 

Histoire

Les tribus celtes d'Europe, que l'on considère aujourd'hui comme les ancêtres de millions de personnes dans le monde, formèrent l'une des plus grandes sociétés de l'Antiquité. Peut-être issus de cultures de l'âge du fer d'Europe centrale, les Celtes se développèrent pour former une société variée, mais impressionnante, composée de centaines de tribus indépendantes, dispersées sur le continent. Prospères durant la majeure partie du premier millénaire avant Jésus­ Christ, les Celtes finirent par être impliqués dans une série de conflits effroyables avec l'Empire romain, qui anéantit, mais adopta aussi souvent, des aspects de la culture celtique durant sa conquête de l'Europe.

 

Terrain et climat

La zone habitée par le plus ancien peuple celte connu se trouve à cheval sur une partie de l'Allemagne et de l'Autriche actuelles, même si les migrations conduisirent les Celtes un peu partout en Europe, et notamment en France (Gaule), sur les îles britanniques et en Espagne (Ibérie). En raison de la grande diversité de climat et de géographie de ces régions, il est difficile de donner les caractéristiques précises du territoire celtique, mais la capacité d'adaptation des peuples celtes démontre leur nature robuste.

 

Origines des Celtes

Même si aucun consensus ne s'est dégagé chez les historiens concernant les origines des Celtes, ceux-ci se seraient développés à partir des cultures européennes des "champs d'urnes", d'Hallstatt et de La Tène, qui se succédèrent à la fin de l'âge du bronze et au début de l'âge du fer. Ces premiers peuples celtes migrèrent sur de vastes étendues, mêlant leurs langues et leur religion à celles des populations qu'ils rencontrèrent. Vers 1300 av. J.­C., le premier de ces groupes proto-celtes, la civilisation des champs d'urnes, occupait principalement les régions du sud de l'Allemagne moderne. Vers la fin de l'âge du bronze, le peuple de cette culture se développa sous la domination de fiefs primitifs pour finir par s'étendre jusqu'en France. Tandis que la population des champs d'urnes prospérait et étendait son territoire, ses tribus vaguement unies s'affrontaient fréquemment et il n'était pas rare qu'une tribu écrase les clans voisins dans un cycle ininterrompu d'expansion et d'intégration.

 

Par la suite, le développement de la culture d'Hallstatt, nommée ainsi en raison des découvertes archéologiques effectuées dans le village autrichien du même nom, entretint la dispersion des peuples proto-celtes à travers l'Europe. Ces Celtes continuèrent à migrer à travers l'Europe centrale durant le premier millénaire av. J.­C., se rapprochant de ce qu'on appellerait la culture de La Tène, qui occuperait une grande partie de l'Europe durant la fin de l'âge du fer. À partir de La Tène émergèrent les premières sociétés manifestement celtes, qui formèrent plusieurs nations sur le continent.

 

Les Celtes de l'île de Bretagne

Les "Celtes insulaires", c'est-à-dire ceux habitant principalement les îles britanniques, sont peut-être les derniers réels représentants de la population celte jadis florissante en Europe. Unis par leurs langues et leur religion communes, les Celtes de l'âge du fer colonisèrent largement l'île de Bretagne, l'Écosse et l'Irlande du VIIe au IIIe siècle av. J.­C. Si l'on estime qu'ils s'intégrèrent aux peuples indigènes de ces régions, les migrants celtes continuèrent néanmoins à se développer et finirent par faire partie du décor.

 

Les Celtes entrèrent dans l'Histoire en tant que guerriers redoutables au Ier siècle, après s'être unis sous la bannière de Boadicée, reine des Icènes. Brutalisée sans raison par les Romains, Boadicée mena les forces coalisées des tribus des îles britanniques contre les légions de Rome, la plus grande armée de l'époque. Boadicée avait réuni une armée forte de plusieurs centaines de milliers d'hommes ; les Romains n'avaient plus vu un tel rassemblement de troupes celtes depuis le sac de Rome par le chef celte Brennus en 387 av. J.­C. Même si les Romains parvinrent finalement à mater la révolte (on estime les pertes cumulées des deux camps à 100 000 morts), ils payèrent très cher le fait d'avoir continuellement sous-estimé la puissance des Celtes.

 

Les Celtibères

Les Celtes de la péninsule ibérique (occupée aujourd'hui par l'Espagne, le Portugal et Andorre) étaient des migrants venus de Gaule. Arrivés aux VIe et Ve siècles av. J.­C., ils s'intégrèrent rapidement à la culture ibère existante dans la région. Les Celtibères, comme on les nomme aujourd'hui, s'allièrent à Carthage contre Rome durant la première guerre punique, une décision qui contribuera à leur soumission par les Romains après la défaite du célèbre général carthaginois Hannibal.

 

Les Celtibères construisirent sur des collines de toute la péninsule ibérique un type de fortification en pierre appelé "castro". Même si l'on a découvert différents types de fortifications dans les régions de Grande-Bretagne et d'Europe centrale habitées par les Celtes, celles découvertes en Espagne sont particulièrement bien conservées. Numance, un castro bâti par les Celtibères au IIe siècle av. J.­C., est aujourd'hui un monument national en Espagne.

 

Les Gaulois

Même si l'on manque de documents précis sur leur histoire avant leur conquête par Rome, les Gaulois sont peut-être les mieux connus des Celtes. Implantés principalement dans la région qui compose aujourd'hui la France, les Gaulois furent décrits en détail par Jules César dans son ouvrage historique sur la guerre des Gaules : "Commentarii de Bello Gallico". Composés de dizaines de tribus distinctes, les Gaulois développèrent un important réseau de routes commerciales entre leurs petits villages, fondant une culture qui prospérerait de manière indépendante pendant des siècles. Toutefois, leur culture si riche sera presque anéantie par les conquêtes romaines.

 

Bien que présents dans toutes les sociétés celtes d'Europe, les druides sont surtout connus chez les Gaulois. Formant une classe de prêtres très estimés chez les Celtes, les druides jouaient divers rôles importants dans leur société ; ils tenaient à la fois le rôle de juges et d'érudits, et étaient par tradition des personnages religieux importants. Malheureusement, le savoir des druides se transmettait surtout oralement, ce qui fait que leurs rites et rituels mystérieux restent pour la plupart encore inexpliqués.

 

La Conquête romaine

En 390 av. J.­C., le chef gaulois Brennus attaqua l'Étrurie, alliée de Rome, et finit par atteindre et mettre à sac la ville de Rome, qu'il laissa dévastée. Contre une forte rançon, Brennus et ses Celtes acceptèrent de se retirer et purent profiter de cette manne pour célébrer leur victoire momentanée, mais cet évènement marqua le début d'un conflit durable entre les Celtes et les Romains.

 

Cette rivalité féroce se traduisit notamment par l'alliance des Celtibères et de Carthage contre Rome lors de la deuxième guerre punique. Les Celtibères parvinrent à résister aux conquérants romains jusqu'au Ier siècle av. J.­C., mais finirent par être soumis et assimilés par l'Empire, ce qui réduisit presque à néant l'influence celte en Espagne.

 

Près d'un siècle plus tard, mais plus au nord du continent, le légendaire général Jules César lança ses légions en Gaule, provoquant le début de la guerre des Gaules en 58 av. J.­C. Provoquée par les aspirations expansionnistes des Gaulois et l'habitude des Romains de piller des territoires pour payer leurs dettes (les légions de vétérans coûtaient cher), la guerre des Gaules signa la fin de l'indépendance de la Gaule, qui se retrouva fortement romanisée à la fin du conflit. Ces conquêtes marquèrent aussi le début de la domination de Rome sur une grande partie de l'Europe centrale.

 

Conduits par César, les Romains menèrent leurs premières incursions dans l'île de Bretagne, en représailles de l'aide apportée aux Gaulois par les Bretons. Malgré la violente résistance des Bretons, les Romains continuèrent leur progression dans l'île de Bretagne pendant plus d'un siècle, sous la direction des empereurs Claude, puis Hadrien.

 

Influence de la culture celtique

Les Celtes ayant beaucoup migré avant de finalement être assimilés par la société romaine, on retrouve beaucoup d'éléments typiquement celtiques dans les artefacts de Rome. À leur apogée, les Celtes auraient intégré des éléments artistiques grecs, germaniques et romains dans leurs œuvres. Après les avoir contraints à la soumission, les Romains réempruntèrent beaucoup de ces éléments intégrés par les Celtes. Avec ses représentations d'animaux, de divinités et d'éléments de la nature, l'art celtique apparaissait fréquemment dans les gravures et sur les poteries romaines. Les Celtes furent aussi à l'origine d'innovations dans l'art de la guerre ; ils mirent au point des modèles d'armures et d'épées uniques, qui auraient influencé les Romains lors de la création du glaive et de la spathe.

 

Religion celtique

Même s'il existe peu de témoignages historiques concernant la religion des anciens Celtes, les prêtres de l'époque, appelés druides, suscitent depuis longtemps l'intérêt des historiens et du grand public. Décrit par les Grecs et les Romains vers la fin du Ier siècle av. J.­C., le druidisme aurait été anéanti et aurait sombré dans l'oubli après la conquête de l'Europe par les Romains. Bien que leur histoire soit parsemée de conquêtes brutales et même s'ils tuaient pour le plaisir, les Romains trouvaient la religion celtique barbare, car les druides se seraient livrés à des sacrifices humains. Les druides pratiquaient-ils des sacrifices humains aussi souvent que le laissent supposer les témoignages romains ? Ceci est encore aujourd'hui sujet à controverse.

 

La Langue celtique

Les langues indo-européennes, famille de plusieurs centaines de dialectes à partir desquels évoluèrent les langues celtiques, sont parlées en Europe et dans certaines régions d'Asie depuis l'âge de la pierre. Même si elles ne sont guère plus utilisées aujourd'hui qu'en Écosse, en Irlande, en Grande-Bretagne et en France, les langues celtiques étaient très répandues à une époque et contribuèrent à l'unification des différentes tribus celtes dispersées sur le continent européen.

 

Actuellement, six langues celtiques sont encore employées : les autres ont pour la plupart disparu au fil du temps. Le gallois, parlé principalement au pays de Galles et en Angleterre, est le plus utilisé de ces dialectes encore "vivants" ; il serait parlé par plus de 600 000 personnes. L'irlandais, le breton, le gaélique, le cornique et le mannois sont les autres langues celtiques encore en usage de nos jours, même si l'on chiffre à moins de deux millions le total de locuteurs de toutes ces langues, et à encore moins le nombre de personnes pour qui il s'agit d'une langue maternelle.

 

Descendants contemporains

De nos jours, la Celtic League, organisation non-gouvernementale cherchant à promouvoir le patrimoine et la culture celtiques, identifie les "nations celtiques" actuelles comme étant la Bretagne, les Cornouailles, l'Irlande, l'île de Man, l'Écosse et le pays de Galles. Même si ces régions sont les principaux bastions de l'héritage et de la langue celtiques, on estime que des millions de personnes dans le monde sont les descendants des Celtes. Les six langues celtiques encore utilisées aujourd'hui correspondent à ces six régions.

 

Le saviez-vous ?

Motif artistique très connu attribué aux Celtes, le "nœud celtique" apparaissait aussi dans des œuvres chrétiennes et romaines. Composé d'entrelacements souvent sans fin, ce style de nœuds est considéré encore de nos jours comme une caractéristique de la culture celtique.

 

Même si on les appelle aujourd'hui les Celtes, il est peu probable que les anciens peuples celtes aient utilisé ce terme pour se désigner. Le nom moderne est probablement dérivé du grec "Keltoi" et du latin "Celtae", tous deux employés dans des documents historiques.

 

La cotte de mailles, ancêtre de la plupart des formes d'armures européennes mises au point au Moyen Âge, est une invention attribuée aux Celtes du IIIe siècle av. J.­C.

 

(article publié le 17 mai 2017 sur le lien suivant : https://www.jumperlibrairie.com/forum-chat/l-univers-d-erwan-david/les-celtes)

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June 13, 2019

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