Interview partenaire (Éditions LC) : Karine Van de Velde

09/12/2018

Pouvez-vous vous présenter en tant qu’écrivain ?

L’écrivain sommeillait moi depuis de nombreuses années. Je suis avant tout artiste peintre orientaliste. L’écriture s’est imposée à moi comme une évidence, comme un complément à ma peinture.

Mes années d’enfance et d’adolescence passées en Afrique sont ma source d’inspiration. J’écris comme je peins, avec beaucoup de détails, de ressentis et surtout d’amour pour ce continent.

Je dirais que mon écriture est spontanée. Je suis incapable de me fixer des horaires ou des plages d’écriture. J’écris sans aucune trame préalable, je laisse filer ma plume au grès de mes personnages.

Ce sont eux qui me guident, ils font partie de moi.

Avant de rédiger deux romans, j’ai écrit deux recueils de poèmes, illustrés par mes tableaux.

 

Comment êtes vous entrée dans le milieu littéraire ?

J’ai passé un BAC littéraire en Côte d’Ivoire, ensuite je suis arrivée en France en 1984 pour poursuivre mes études de lettres à la faculté d’Aix-en-Provence.

Mon directeur de maitrise était le directeur de la fondation Saint-John Perse et c’est grâce à lui que j’ai découvert l’envie d’écrire.

Mais je n’ai jamais osé lui montrer ce que j’écrivais !!

La vie m’a éloignée durant de nombreuses années de l’écriture et je me suis lancée dans une carrière de peintre.

C’est en fait par le biais de la peinture que j’ai renoué avec l’écriture !!!

Un auteur m’a mise en relation avec mon actuelle éditrice Madame Cécile Langlois lors de sa demande d’une de mes toiles pour la couverture de son livre. Tout est parti de là !!

 

Pouvez-vous nous présenter vos livres ?

A ce jour j’ai écrit et publié quatre livres.

Deux recueils de poèmes, illustrés par mes tableaux, le premier s’intitule « Les écueils du recueil ». Ce sont des poèmes en vers libres que j’ai écrit en arrivant d’Afrique, où j’exprime ma déchirure de quitter ce continent où j’ai passé toute mon enfance.

Le deuxième se nomme « Au temps de l’hivernage », les poèmes sont aussi en vers libres et essentiellement axés sur le Mali. C’est un recueil entre légende et histoire qui a été présenté lors d’une grande soirée organisée par l’ambassade du Mali auprès de l’Unesco lors de la COP 21 à Paris.

 

Deux romans sont aussi publiés toujours aux Éditions L.C. , « L’Improbable Voyageur » parût en 2017 et la suite « L’Improbable Voyageur, le temps des partages » à paraître d’ici quelques semaines.

Il s’agît pour ces romans d’un voyage fantasmagorique dans un désert où le personnage principal se retrouve confronté à de nombreux questionnements. Nous découvrons avec lui les us et coutumes des peuples du désert. L’action se déroule dans un passé pas si lointain, au lecteur de découvrir les lieux ainsi que l’époque.

Le tome deux est plus historique. On y retrouve les mêmes personnages, leurs évolutions, de nouveaux protagonistes apparaissent, toujours le même suspens que lors du tome un.

 

Pouvez-vous nous parler, et présenter vos futurs projets ?

Faire la promotion du roman à paraître lors de séance de dédicaces un peu partout en France en librairie et sur des salons.

Coté écriture, je pense qu’il faut « digérer » la fin d’un roman, laisser passer du temps.

J’ai deux projets d’écriture, dont un déjà bien commencé et un autre à l’état d’embryon dirais-je.

Ce sont des sujets totalement différents de ce que j’ai écrit à ce jour.

Mais pour le moment, chut !!!!

 

Quelles sont vos motivations à écrire des histoires ?

Je ne pense pas avoir une motivation propre à écrire des histoires. Je dirai que ce sont les histoires qui viennent à moi, je les laisse faire leur chemin et un jour, je prends ma plume et j’écris.

Je ne me réveille pas un matin en me disant, « tiens je vais écrire telle ou telle histoire ».

Ce que je souhaite avant toute chose, c’est offrir au lecteur un dépaysement total du monde dans lequel nous vivons, l’emmener loin du quotidien, lui faire découvrir l’autre.

Quand j’écris je m’évade aussi. Il faut que ma plume me fasse rêver avant que de faire rêver mes lecteurs. Si je suis prise à mon propre jeu, alors j’estime que le pari est réussi.

 

L’écriture vous sert-elle de résilience ?

Je pense que cela m’a servi de résilience lors de l’écriture des poèmes du premier recueil. Mon départ d’Afrique à été pour moi un réel choc, voire un traumatisme. Il m’a fallu des années pour m’adapter à l’Europe, à la mentalité, au climat.

J’ai certainement exprimé beaucoup de ma souffrance dans ce premier livre.

Cependant dans les trois autres, non, je ne pense pas.

Je suis en paix avec moi-même et comme je l’ai dit précédemment, j’écris pour offrir du rêve.

 

Quelle est la question jamais entendue que vous rêveriez que l’on vous pose ?

« Accepteriez-vous de voir votre roman adapté au cinéma ? »

Oui, un rêve pour un auteur, une reconnaissance d’un travail et surtout une grande fierté !!!

Ce serait un travail merveilleux pour moi que de collaborer à l’écriture d’un scénario issu d’un de mes livres !!!

 

Pensez-vous qu’écrire c’est vivre la réalité de son imagination ?

Certainement. Surtout quand on sait que dans l’imagination il y a une part de réalité. En tous cas pour mes romans.

Les légendes d’Afrique sont toujours fortement ancrées dans la culture populaire, ils naviguent entre religion et animisme.

Je ne pense pas qu’on puisse créer sans la réalité, il y a toujours une part de réel dans l’imaginaire, que ce soit en peinture ou en écriture.

On crée de ses expériences vécues.

 

Quel est votre roman préféré ?

Il y en a tellement !!! J’ai beaucoup aimé « Averroès » de Gilbert Sinoué, un roman fort qui nous éclaire sur l’origine de bien des choses, notamment la médecine et surtout le brassage culturel, dont nous avons toujours besoin.

 

Votre pire souvenir lors d’une dédicace ?

Lorsque la personne devant vous, le livre à la main vous demande s’il est disponible sur internet !!!

 

Quel est votre genre préféré lors de vos compositions ?

A vrai dire, il n’y a pas un genre que je préfère à un autre.

Je passe du poème au roman avec beaucoup de plaisir.

Je pense être un écrivain atypique, de plus je n’aime pas être mise dans une case, j’aime mon côté électron libre. Je suis autant peintre que poète ou écrivain de roman.

Je m’imagine tel Shiva, avec plusieurs mains pour faire les trois en même temps !!!

 

Qu’attendez-vous de vos ouvrages ? De vos lecteurs ?

J’attends de mes ouvrages qu’ils fassent rêver, voyager, qu’ils permettent la rencontre avec l’autre, qu’ils éveillent la curiosité et donnent envie de découvrir le monde.

Quant à mes lecteurs, j’aimerai qu’ils prennent plus le temps de me faire leurs commentaires, retour-lecteur. C’est important lorsqu’on est écrivain de savoir le ressenti des gens. Il n’y a pas de mauvaises critiques dès le moment où elle est construite et argumentée.

On aime, pourquoi ; on n’aime pas, pourquoi.

Peu de gens ose la critique et pourtant c’est important, il n’y a pas besoin d’avoir fait des études littéraires pour dire ce que le cœur ressent.

 

Si vous deviez dire un mot pour vos lecteurs, quel serait-il ?

Merci !

Tout simplement car sans eux, nous ne sommes rien.

 

 

 

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June 13, 2019

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