Lunéas & la prophétie des anciens, tome 1 : Chapitre 14

04/11/2018

 

Chapitre 14

DÉSILLUSIONS

 

 

 

Le petit Erwan était toujours attaché à son arbre, avec son chien à ses côtés. Les yeux fermés, serrés l’un contre l’autre pour se réchauffer, ils étaient allongés. Erwan ouvrit un œil et observa le campement des monstres. Ils dormaient tous autour de leurs feux. Des flambeaux étaient placés sur tout le terrain pour l’éclairer. Il dit à Cognard à voix basse :

 

– Cognard, c’est bon, tu peux ouvrir les yeux ! Ils dorment tous !

 

Le chien ouvrit les yeux et regarda autour de lui.

 

– Comment allons-nous nous détacher ? demanda le chien.

– Tu vas essayer de couper mes cordes avec tes dents, mais ne te fais pas mal ! dit le garçon.

 

Le chien commença à mordre les cordes de toutes ses forces quand un craquement se fit entendre dans un buisson face à eux, ce qui arrêta l’action de Cognard. Quelque chose bougeait là-bas et semblait tourner autour d’eux comme prêt à leur sauter dessus pour les dévorer tel un loup. Erwan et son ami se serrèrent dans les bras de peur de leur sort.

 

La chose s’avança vers un des flambeaux, le prit et revient à sa place. Elle ne bougeait plus. Erwan et Cognard se sentaient espionnés. La torche s’immobilisa elle aussi. Ses flammes devenaient menaçantes face à Erwan et Cognard quand tout à coup, un être en sortit et s’approcha de nos deux compagnons.

Il avait le buste d’un homme des dieux, des pattes fourchues et ses cuisses couvertes de poils, des cornes, une barbichette et des oreilles pointues. Erwan prit peur, mais en le regardant bien, il lui rappela le faune qu’il avait rencontré à Chair-Dere.

 

– Mais qui êtes-vous, monsieur le faune ? demanda Erwan.

– Je ne suis pas un faune. Je leur ressemble, mais je n’en suis pas un. Je fais partie des personnes solitaires, mais je suis venu vous libérer, donc je ne serai plus solitaire.

 

Il sortit une dague de sa sacoche en peau et coupa les liens de corde et leur dit à voix basse :

 

– Suivez-moi, je vais vous conduire en lieu sûr.

– Mais nous allons devoir passer à travers eux. Ils nous entourent de tous les côtés, en train de dormir : nous allons les réveiller !

– Non, répondit l’être, nous n’allons pas les réveiller, nous allons les plonger dans un profond sommeil.

 

Il sortit de son sac une magnifique flûte taillée dans du bambou.

 

– Je vais jouer un morceau : c’est une musique ancestrale dont les paroles sont en vieil arcanien.

– C’est quoi, le vieil arcanien ? demanda Erwan à voix basse.

– C’est l’ancienne langue. Elle n’est plus parlée couramment de nos jours, mais beaucoup d’Arcaniens en ont connaissance et savent le parler. Comme moi, par exemple.

 

Il se mit à jouer un air des plus beaux qu’Erwan eût jamais entendu. De la musique jaillissaient des filaments bleus, qui entraient dans le nez des monstres au rythme de leur respiration. Erwan était émerveillé de voir ça, mais il fut plus fasciné encore quand l’être se mit à parler une langue qu’il ne connaissait pas :

 

– Vùrë ielëùr’fut vùreis adoàmarías adëùseisënÿrías foeis’gofëas !

 

Les montres qui dormaient ne bougeaient plus et ceux qui ronflaient ne le faisaient plus.

 

– C’était du vieil arcanien, ça ? demanda Erwan.

– Oui, une langue très complexe pour toi. Allons-y maintenant, car ils se réveilleront dans peu de temps. Nous avons juste assez de temps pour décamper loin de cet endroit !

 

Ils quittaient les lieux quand Erwan lui posa la question suivante :

 

– Et comment dit-on Erwan en vieille langue ?

– ëàellany !

– ça sonne bien.

– Dès demain, nous retrouverons un ami, dit l’être.

– Au fait, comment t’appelles-tu ? demanda Erwan intéressé.

– Je me nomme Pan.

 

En entendant ce nom, Erwan se souvint d’une histoire qu’il avait étudiée au collège : la flûte de Pan. Ses cuisses couvertes de poils, ses pattes fourchues, ses cornes et sa barbichette le font ressembler à un satyre, mais il n’en appartient pas à cette espèce. Parcourant monts et vallées, il s’attarde auprès des nymphes et chorégraphie leurs danses. Il interprète aussi des airs sur une flûte, instrument qu’il a inventé, et charme les oreilles des dieux comme des hommes des dieux.

 

– Où allons-nous, Pan ? demanda le garçon.

– Nous allons chez moi pour la nuit.

– Et qui est cet ami que nous allons retrouver chez toi ?

– Merlin. C’est lui qui m’a envoyé te libérer de ces monstres. Pour l’instant, il se dirige vers Bramical, une ville fortifiée dans les Bois des sources.

– Mais que va-t-il faire là-bas ?

– Aider tes cousins qu’il a sentis en danger.

– Ils sont en danger ?

– Non, ils vont l’être ! Merlin est un devin. Nous ne sommes pas très loin de chez moi.

– Où habitez-vous ?

– Dans la forêt, entre les collines de Beinur et le lac de Lerne.

 

Après deux petites heures de marche, nos trois compagnons arrivèrent face à une hutte faite de bois et de paille. Ils entrèrent pour découvrir un somptueux logement chaleureux, ressemblant en tout point à celui du gnome, monsieur Langia.

 

– Vous aurez tous les deux une couchette pour la nuit, mais avant, nous allons manger un peu ! Ça nous fera du bien, dit tranquillement Pan.

 

Erwan s’installa à la table pendant que Pan prépara le dîner. Cognard le suivait au pied.

 

– Qui est Merlin, à part un enchanteur ? demanda le garçon intrigué.

– Il est le descendant de celui qui a créé l’ordre des Chevaliers grâce à la Prophétie. Mais je ne dois pas t’en dire plus : il y a des choses que tu ne dois pas connaître.

– Quel genre de choses ?

– Des choses sur toi et tes cousins, des choses concernant cette prophétie, des choses te concernant.

 

Pan servit du lapin cuit et des haricots beurre dans deux assiettes, et les déposa face à ses invités.

 

– Quelles choses me concernant ? demanda Erwan inquiet.

– Toi et tes cousins n’êtes pas de votre monde. Vous êtes de celui-ci, vous êtes tous les trois des Arcaniens.

– Quoi ? Mais c’est faux, ce que vous dites ! Ce n’est pas possible !

– Tu as été prisonnier à Chair-Dere, je présume ?

– Oui, pourquoi ?

– Je pense que tu as dû découvrir la fameuse salle des statues.

– Oui !

– Et tu n’as rien trouvé de louche ?

– Si, j’ai vu mon père statufié !

– Donc tu as eu la preuve de ce que je te dis.

 

Erwan sentit monter ses larmes en entendant ces révélations. Pour lui tout devenait clair : ces choses qu’il sentait, croyant les connaître, mais dont il ne se rappelait pas.

 

– Comment ça se fait que nous sommes de ce monde ?

– Il y a cent annuels de cela, trois dieux des enfers se mirent en tête d’unir leur force pour prendre le royaume. Il leur fallait trouver un moyen pour prendre le contrôle total du pays. Ils se mirent en quête de la boîte de Pandore et, quand ils l’eurent trouvée, ils l’ouvrirent, répandant les plus terribles plaies qu’a connues le royaume. Après cela, Myrddin, l’ancêtre de Merlin, entreprit de créer un sortilège puissant sur la Prophétie, et mit en place un nouvel ordre parmi les autres : l’ordre des Chevaliers. Trois hommes des dieux furent nommés Chevaliers, et c’est ainsi que la bataille de Pandore commença. D'autres batailles suivirent, ainsi que d’autres Chevaliers.

 

Erwan écoutait, à la fois fasciné et horrifié.

 

– C’est horrible !

– Quand monsieur Félix et ses deux frères furent choisis par la Prophétie, ils défendirent le royaume au prix de leur vie. Les deux frères de Félix furent tués lors de la bataille dans les enfers mêmes où ils avaient réussi à endormir les trois dieux des enfers. Mais leur descendance prit le relais, et devint la plus redoutable de tous. Ensuite, vos pères à tous les trois furent choisis à leur tour et vécurent eux aussi une bataille, celle de tous les dieux contre le Seigneur seul. Il réussit à tous les endormir et renversa ainsi l’ordre divin. Mais en les endormant, il fut frappé par une malédiction : celle de rester enfermé à vie dans son palais. Une boule de puissance se trouve à Olympe. Si elle est détruite, le sort sera rompu et il sera libre !

– Et pour l’ordre royal ?

– Étant donné sa malédiction, le Seigneur engagea une femme des dieux qu’il envoya chez les warlocks pour lui donner l’enseignement du pouvoir, avant d’infiltrer le palais royal et d’empoisonner le roi. Et c’est ainsi que l’ordre royal fut renversé à son tour !

– Et pour l’ordre des Chevaliers ? Car ça me concerne !

– Merlin est né du peuple arverne. Quand le Seigneur découvrit que c’était son ancêtre, Myrddin, qui avait ordonné de créer un sortilège à la Prophétie afin de gagner la guerre, il envoya une troupe de drows dans tous les villages arvernes, dans les Terres sauvages pour les tuer. Merlin put prévenir les Chevaliers de cette attaque. Ils voulurent défendre Iréa, mais sans succès. Les Arvernes furent massacrés, à part quelques-uns qui traversèrent le passage en emportant avec eux une clef.

– Et qui étaient les trois Chevaliers de l’époque ?

– Vos pères à tous les trois ! À la suite de ça, tous les hommes des dieux furent faits prisonniers et transformés en pierre par Méduse.

– Ce qui expliquerait pourquoi j’ai vu mon père dans la salle des statues. Qui sont les drows ?

– Des elfes noirs ! Ils sont pires que les orcs et les lacertes ! Maintenant il est temps d’aller se reposer un peu. La route de demain sera longue et fatigante.

– Juste une dernière question. Quelle est la chose qui me concerne ?

– Il ne vaut mieux pas que tu le saches pour l’instant.

– Si, je veux savoir !

 

Pan alla chercher un miroir et lui mit sous le nez. Des images apparurent. Erwan n’en crut pas ses yeux, mais chose que personne ne sait, c’est qu’il était en train de voir ce que la méchante reine avait montré au Seigneur. Erwan pleura en voyant ces images. Pour lui, cette révélation était des plus douloureuses.

 

– Comment ça se fait ? demanda-t-il inquiet.

– Ne cherche pas à comprendre. Trop d’émotions en même temps ne sont pas une bonne chose !

 

*****

 

Lac Chambon, Auvergne, France

 

Marie versa une larme et l’essuya d’un revers de la main. Sa main gauche se mit à trembler subitement. Elle la prit dans l’autre pour se calmer, et se retourna vers le téléphone qui se trouvait sur une petite table basse proche de l’entrée. Elle décrocha le combiné et composa un numéro.

Au bout de quelques sonneries, quelqu’un répondit. Une femme qui semblait être plus âgée, au son de sa voix.

 

– Bonsoir Astride, commença tristement Marie.

– Bonsoir, Marie, tu vas bien ? Pourquoi appelles-tu à une heure aussi tardive ?

– J’ai un immense service à te demander.

– Oui, dis-moi !

– S’il m’arrive quoi que ce soit, promets-moi que tu prendras soin de Mathieu.

– Que veux-tu dire par là, Marie ? Tu me fais peur !

– Promets-le-moi, s’il te plaît.

– Oui, je te le promets, mais dis-moi ce qu’il se passe.

– Ils sont là ! J’en ai aperçu un tout à l’heure par la fenêtre de la salle de bain, je le sens, il rôde dans le coin !

– Qui est là, Marie ?

– Tu sais très bien de qui je veux parler.

– Oh, mon Dieu !

 

Le silence se fit entre les deux femmes. Marie se retourna vers le canapé et surveilla, en pleurant, son bébé couché sur un coussin. Elle lui caressa la joue et se mit à larmoyer de plus belle. Marie posa le combiné sur la table basse sans raccrocher.

 

– Marie ! Marie ! Tout va bien ? dit Astride.

 

Mais elle ne répondit pas et contemplait son fils en jetant de temps en temps un œil dehors.

 

– Marie ! Réponds, s’il te plaît ! continua Astride, mais sans succès.

 

*****

 

Je me réveillai en sursaut et en sueur. Depuis plusieurs mois, je revivais malgré moi le même cauchemar, quand mes parents furent tués dans un accident de voiture lors d’une nuit de pleine lune. Je me sentais mal à l’aise de refaire cet effroyable rêve chaque nuit depuis ce 16 avril 2014, date de mon anniversaire où j’avais eu vingt-neuf ans.

 

Moi, Mathieu Lunéas, j’étais dans le flou le plus total. La rengaine incessante de ce songe devenait vraiment fatigante et demeurait incompréhensible. Quel était le sens de cette folie inhabituelle engendrée par les questions délirantes que je me posais sur le décès de mes parents ? Je me levai, et je quittai ma chambre provisoire. J’allai vérifier si Helena dormait avent de sortir pour aller me positionner, en tee-shirt et en caleçon, sur la balustrade sculptée en frise dans le bois.

 

Helena et moi-même avions accepté la proposition de Jack de venir passer quelques jours dans le chalet de son grand-père, sur les bords du lac Chambon, en Auvergne. Accoudé sur la balustrade, je réfléchissais à tout ce qu’il s'était passé ces derniers temps. La mort de mon oncle, le décès du grand-père de mon meilleur ami, ces cauchemars répétés.

J’admirais le lac qui luisait sous la pleine lune scintillante. Tout semblait calme. Je n’arrivais plus à dormir, tout me troublait et devenait étrange. Soudain, une voix se fit entendre, à travers la brise légère qui agitait doucement les arbres qui recouvraient la montagne.

 

Rejoins-nous, Mathieuuuu… Deviens notre hôte dans les ténèbres…

 

Je cherchai d’où pouvait provenir ce timbre rauque, mais malgré le clair de lune je ne distinguais rien à travers l’obscurité. Plus le temps passait, plus j’avais l’impression de devenir fou.

Puis, le vent se mit à souffler, déchaînant des forces surnaturelles. L’eau du lac se souleva pour former un immense mur d’eau, et un visage apparut sur le rempart aquatique.

 

Rejoins-nous, Mathieuuuu… Nous t’avons retrouvé… Nous sommes là…

 

Le mur d’eau avançait droit vers moi. Le visage sombre qui s’était formé dans l’eau me scrutait, tel un serpent prêt à mordre. La muraille s’écoulait en vagues sombres dans un bruit assourdissant. Le sinistre raz-de-marée, qui me fixait de ses yeux vides, émettait un son caverneux qui couvrait le bruit des vagues et me faisait mal aux oreilles.

La tempête battait son plein. Les arbres alentour se courbaient dangereusement. J’étais terrorisé par ce qui se dressait devant moi quand, soudain, Helena appuya une main sur mon épaule. Pris de panique, je sursautai et me retournai vers elle.

 

– Matt, tout va bien ? demanda-t-elle.

 

Je regardai autour de moi. Le calme était revenu, et la nuit avait repris son cours. Je ne comprenais plus rien. Étais-je à nouveau en proie à des hallucinations ?

 

– J’ai fait un nouveau cauchemar cette nuit. J’étais venu prendre l’air et j’ai…

– Et tu as quoi ?

– J’ai… Non, rien. J’ai dû m’égarer dans mes pensées, je crois.

– Eh bien, moi, j’exige que tu ailles consulter un médecin dès notre retour à Paris. Ce n’est pas normal tout ce qui t’arrive. Tu dois être trop stressé, si tu veux mon avis. Ta thèse te prend beaucoup de temps, et ta soutenance est pour bientôt.

– Peut-être…

– Allez, viens avec moi : je vais te donner un cachet pour dormir. Ça te fera du bien, enfin… pour cette nuit au moins, termina-t-elle en regagnant le chalet.

 

Je me retournai pour observer une dernière fois l’étendue d’eau. Je ne pouvais pas avoir rêvé de cette façon. Ou alors Helena avait raison. Mais tout semblait si réel, si oppressant… J’avais eu la nette impression que ce visage démoniaque s’était véritablement matérialisé dans le lac.

J’entrai dans le salon, jetant un dernier regard inquiet à l’extérieur, et je fermai la porte coulissante pour aller enfin me coucher.

 

*****

 

Arcane

 

Erwan s’installa sur une couchette avec Cognard, qui lui tint compagnie. Pan se coucha à son tour et, quand la nuit fut bien avancée, le chien parla doucement dans l’oreille du garçon :

 

– Nous devons partir tout de suite, sans perdre de temps !

– Pourquoi ? demanda Erwan.

– Pan est un traître !

– Tu l’as senti ?

– Non, mais il me paraît louche. Il t’a montré, à travers un miroir, la vérité sur ton destin. Et à ma connaissance, la seule personne dans ce royaume qui utilise les miroirs, c’est la méchante reine, celle qui a renversé l’ordre royal pour le Seigneur.

– Tu es en train de me dire que c’est un piège ?

– Oui, de toute évidence ! Merlin s’est fait avoir. Il faut partir ! termina Cognard à voix basse.

 

Ils se levèrent tous les deux et sortirent de la hutte sans faire de bruit. Après quelques pas silencieux, une formule magique les projeta dans une flaque d’eau. C’était Pan qui les avait surpris en train de s’enfuir. Il prononça une formule en vieil arcanien :

 

– As’todô !

 

Puis une autre, en levant la main droite en l’air :

 

– Ënyùs’doünê !

 

Erwan et Cognard s’envolèrent et restèrent en suspension, incapables de bouger.

 

– Foëùr !

 

Tous les flambeaux alentour s’allumèrent lorsque Pan prononça ces mots. Il s’approcha des deux compagnons :

 

– Tu pensais pouvoir t’enfuir comme ça ? De toute évidence, je suis démasqué ! Oui, Merlin m’a bien demandé de te délivrer et de l’attendre ici. Et j’ai fait cette erreur avec le miroir. Mais vois-tu, petit Erwan, au train où vont les choses, je préfère choisir le camp du Mal pour ma survie, car la balance penche de notre côté. Victor Darius est vraiment de retour et se terre dans l’ombre en attendant l’accomplissement de la prophétie Lunéas, qui engendrera sa grande guerre. Alias se contente de mettre sur pied des armées pour envahir l’autre monde, et anéantir tous les Clair de Lune. Nous retournons tous les trois à Chair-Dere pour rejoindre le Seigneur : il sera ravi d’apprendre qu’une réelle résistance est en place. Il t’attend de pied ferme, et je crois qu’il a deux ou trois petites choses à te dire.

– Pourquoi ? demanda Erwan inquiet.

– Tu le sauras bien assez tôt mon petit ! répondit Pan. Ünêisal’nyëas !

 

Pan fit un mouvement de bras en prononçant ces derniers mots, et des lianes sortirent des arbres pour venir s’enrouler autour des mains, des pieds et des pattes de nos deux compagnons, pour les maintenir prisonniers, toujours au-dessus du sol.

 

– Vous dormirez dehors pour la nuit ! Faites de beaux rêves, termina Pan avant de rentrer dans sa hutte et de refermer la porte derrière lui.

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June 13, 2019

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