Lunéas & la prophétie des anciens, tome 1 : Chapitre 13

03/11/2018

 

Chapitre 13

COMPLOTS ET COUP DE THÉÂTRE

 

 

 

Le lendemain matin, la neige tombait toujours. Le froid se faisait encore plus rude. Après son départ de Chair-Dere, le pauvre petit Erwan était réduit en appât par le Seigneur, ainsi que son chien Cognard, pour capturer ses cousins et surtout Merlin.

La colonie d’orcs et de lacertes était des plus rageuses et surveillait attentivement nos deux compagnons. Leur destination était tout d’abord les mines des Erduites et ensuite Olympe, la ville des dieux, car se trouvait en cet endroit la fameuse boule de puissance.

Le Seigneur, voulant détruire Arcane le plus vite possible, leur avait donné rendez-vous là-bas, ne pouvant venir avec eux. Leur objectif était d’anéantir cette boule et surtout de mettre fin à cet hiver, malédiction de la mère de Perséphone.

Erwan, fatigué de cette marche longue et douloureuse dans le froid, tomba à genoux. Un des lacertes le poussa avec son arme pour lui faire reprendre la route.

 

– Courage ! lui dit le chien, pour lui faire reprendre confiance en lui.

 

Ils marchaient dans les Plaines profondes quand la troupe décida de faire un arrêt pour la nuit, puisque le temps était trop éprouvant pour continuer.

Un orc attrapa Erwan et l’attacha à un arbre avec une solide corde, tandis que l’un de ses congénères accrocher Cognard à un autre arbre avec une laisse faite de corde solide. Les monstres établirent alors leur camp de base pour la nuit. Des couches de brindilles furent montées et plusieurs feux furent allumés pour cuire la viande faisandée, qu’ils avaient préparée durant le soleil brûlant, bien avant la venue de l’hiver.

La nuit tomba rapidement sur le royaume, dévoilant les milliers d’étoiles et les lunes qui se disputaient le ciel dans une bataille éternelle. Le froid se fit plus rude encore à la tombée du soleil hivernal, qui procurait malgré tout un minimum de chaleur pour survivre à l’extérieur. Une brume épaisse et glaciale recouvrit tout le royaume. Erwan trembla et grimaça. Un des orcs s’avança vers lui :

 

– As-tu froid petit enfant des dieux ? demanda-t-il d’une voix rauque et cruelle.

– Oui ! Pourrais-je avoir une couverture ainsi que pour mon chien ? Sinon nous allons mourir de froid !

– Une couverture ? Pour te réchauffer ? Mais si tu te réchauffes, tu ne pourras pas mourir de froid et donc nous ne pourrons pas te manger ! répondit l’orc.

 

Il sortit un couteau de sa poche et s’avança vers Erwan :

 

– De la bonne viande bien fraîche ! Tu nous servirais assurément de repas ! grogna le monstre.

– Laissez-moi tranquille ! pleura le garçon au moment où le chien se mit à grogner de rage envers l’orc pour lui montrer son mécontentement.

 

La bête, mi-homme, mi-sanglier frappa Cognard avec son arme. Le chien cria de douleur sous la violence du coup. Un lacerte s’approcha de l’orc en rugissant :

 

– Que fais-tu, orc ?

– Le petit enfant des dieux a froid. Il souhaite une couverture pour la nuit à venir. Mais nous pourrions le manger, si nous le voulions.

 

Le lacerte lui trancha la tête d’un coup de hache, sans en écouter davantage.

 

– Que cela serve de leçon à tous ! L’enfant des dieux ne sera pas notre repas : le Seigneur veut le garder en vie pour pouvoir retrouver ses deux cousins.

 

Le lacerte embrocha l’orc avec sa hache et le balança au milieu des autres, comme la viande pourrie dont ils se nourrissaient.

 

– Mangez, si vous avez faim ! hurla le monstre avec sa voix puissante et caverneuse.

 

Orcs et lacertes se ruèrent sur le cadavre, et se mirent à le dépecer pour de le dévorer. Erwan avait déjà vu des reportages sur la vie des animaux et sur leur façon de se nourrir, mais la scène à laquelle il était en train d’assister était des plus horribles. Des orcs et des lacertes devenus cannibales, mangeant leur propre chair…

 

– Tu auras ta couverture pour la nuit à venir, et un bout de viande et de pain pour te nourrir. Remercie le Seigneur de te garder en vie, car il aurait fini par te transformer en pierre comme les autres s’il n’avait pas eu besoin de toi. Tel a été le sort de cette traîtresse de Perséphone, dit le lacerte.

– Vous voulez dire que le Seigneur a demandé à Méduse de transformer Perséphone en pierre ? demanda Erwan pour se faire confirmer cette nouvelle.

– Oui ! Pour trahison envers notre Maître ! dit le lacerte en grognant et en lançant au garçon et au chien leur ration de pain et de viande faisandée. Maintenant MANGE ET TAIS-TOI ! Je vais t’amener ce qu’il te faut, pour toi et ton chien.

 

Le monstre détacha le chien et l’attacha à l’arbre où se trouvait Erwan. Un des orcs s’approcha du lacerte en grognant :

 

– Balar ! Notre Seigneur veut te parler de toute urgence.

– Donne-leur une couverture pour la nuit ! Je viendrai vérifier. Et quand je viendrai vérifier, s’ils n’ont pas de couverture, tu subiras le même sort que ton camarade.

– Oui, Balar !

 

L’orc, sans doute peu désireux de servir de repas aux autres, partit aussitôt chercher une couverture.

 

– Et vous deux, que je ne vous surprenne pas en train de bouger ! Je ne peux pas vous tuer pour l’instant, mais je peux vous faire fouetter si cela me chante, ajouter le lacerte avec sa voix caverneuse et morbide.

 

Le monstre partit sur-le-champ et alla rejoindre les siens.

 

– Que fait-on maintenant ? demanda Cognard.

– On ne peut pas faire grand-chose pour l’instant ! Quand la nuit sera bien tombée, on tentera de s’échapper pendant leur sommeil.

– Cela risque d’être dangereux ! Si nous nous faisons prendre, Balar nous fera fouetter. Et je ne suis pas sûr que ce soit quelque chose d’agréable à vivre.

– Ne t’en fais pas, Cognard ! Quand Pourpre aura retrouvé mes cousins, ils viendront à notre secours sans attendre, le réconforta Erwan.

 

Au même moment, Balar, le lacerte en chef, alla rejoindre l’orc qui l’avait appelé, car le Seigneur souhaitait lui parler. Il se mit face au feu, et la silhouette du Seigneur prit forme avec les flammes.

 

– Balar ! Où en êtes-vous dans votre mission ? demanda-t-il avec fermeté.

– Nous avons pris la décision de faire un arrêt pour la nuit dans les bois des Plaines profondes. La nuit vient de tomber et le froid se fait sentir encore plus cruellement. Nous devons nous réchauffer pour continuer la route vers les montagnes du Couchant, expliqua Balar.

– Ne tardez pas, ou sinon je vous ferai tuer sur le champ !

– Ne vous inquiétez pas, mon Seigneur. Nous ferons tout notre possible pour lever la malédiction qui pèse sur vous.

– NE REDIS PLUS JAMAIS CELA EN LA PRÉSENCE D’ENNEMIS ! cria le Seigneur. S’ils apprennent que je ne peux sortir de mon palais à cause d’une malédiction des dieux, ils en profiteront pour nous attaquer et m’empêcher de prendre les pleins pouvoirs ! Si cette boule de puissance est détruite, alors je serais libre.

– Vous ne nous avez toujours pas dit pourquoi nous devions d’abord passer par les mines des Erduites ? questionna Balar.

– C’est pour cela que j’ai voulu te parler. Vous irez dans les mines des Erduites récupérer toutes les armes possibles pour attaquer Olympe. Ils travaillent pour moi sur mon projet de destruction.

– Oui, mon Seigneur ! dit le lacerte en s’inclinant devant la silhouette qui disparut dans les flammes.

 

Balar cria à tous ses monstres qu’ils avaient quartier libre pour la nuit, mais qu’il fallait être prêt dès l’aurore pour la suite de voyage.

 

*****

 

Pendant ce temps, à Chair-Dere, le Seigneur se trouvait aux côtés de son sorcier Briac, qui tentait d’arrêter cet hiver de trois mensis né de cette fameuse malédiction. Alias faisait face au feu de forgeron qu’il avait utilisé pour communiquer avec Balar.

Il se tourna vers Briac, qui parcourait lui-même les pages d’un énorme grimoire à la recherche d’une formule. Le Seigneur commençait à perdre patience.

 

– Alors Briac, pouvons-nous ou non arrêter cet hiver ? demanda le Seigneur.

– Je crains que non ! Une malédiction ne peut être levée que par la personne qui l’a jetée. Dans le cas qui nous concerne, la mère de Perséphone ! expliqua le sorcier.

– Cette Déméter me le paiera !

– Je crois que c’est déjà fait : vous l’avez endormie comme tous les autres dieux. Vous avez renversé l’ordre divin, l’ordre royal et l’ordre des chevaliers.

– Certes, mais ces trois gamins sont venus tout chambouler ! De toute façon, le royaume ne possède plus son ordre royal : nous pouvons dormir tranquilles.

 

Au moment où le Seigneur terminait sa phrase, un être encapuchonné entra dans la salle :

 

– C’est ce que vous croyez, fit la voix d’une femme, provenant de sous le capuchon.

 

Le Seigneur s’irrita de cette entrée soudaine et demanda, énervé :

 

– Qui es-tu, pour me contredire ainsi ?

– Je suis tout simplement la personne qui vous a aidé autrefois à renverser l’ordre royal.

 

Le Seigneur fronça les sourcils. La femme enleva sa capuche. C’était une femme magnifique, qui devait avoir une quarantaine d’annuels, les cheveux coiffés en chignon, une peau blanche et des traits fins.

 

– Pourquoi venez-vous me voir dans mon palais ? demanda le Seigneur, intrigué.

– Il me semble que vous me devez beaucoup pour mes actes du passé. J’ai empoisonné le roi, étouffé mon fils après la naissance et endormi tous les autres membres du palais royal pour en renverser l’ordre. Et je l’ai fait pour vous, Alias ! L’avez-vous oublié ? critiqua la reine.

– Je n’ai rien oublié ! Mais je me permets de vous rappeler que c’est quand même grâce à moi que vous êtes devenue une magicienne d’envergure. C’est moi qui vous ai permis d’intégrer la confrérie des warlocks. Vous souvenez-vous qui ils sont ?

– Je n’ai point oublié cela ! Ce sont des sorciers d’une grande puissance qui ont vendu leur âme au Mal en échange de pouvoirs encore plus vastes. Dangereux, menteurs et indignes de confiance, ils refusent de suivre les règles de conduite de la magie, et tuent les autres sorciers, qu’ils chassent et provoquent en duel. Vous voyez : je me souviens de tout !

– Vous souvenez-vous aussi que vos pouvoirs vous viennent de cette confrérie ? Vous souvenez-vous que sans moi vous seriez déjà morte à l’heure qu’il est ! J’ai dit aux warlocks que vous me seriez d’une grande utilité pour renverser l’ordre royal. Mon sorcier Briac est lui-même un warlock, d’ailleurs. Ce sont les sorciers les plus redoutables du royaume, et ils me sont d’une aide précieuse dans ma quête.

– Et moi ? Ne vous ai-je pas été d’une aide précieuse ? demanda-t-elle soudainement.

– Certes, mais rappelez-vous d’où vous venez ! Si je vous ai gardée en vie, c’était pour cela ! Vous êtes la fille d’un des anciens…

– NE REDITES PLUS JAMAIS çA ! dit-elle en s’énervant. Pour moi, ce temps-là est révolu et il n'est pas question de raviver ce genre de souvenirs.

 

Elle s’approcha d’Alias, et se mit à tourner autour de lui tout en le caressant du bout des doigts :

 

– Je tiens moi aussi à vous rappeler quelque chose de fondamental dans l’histoire ! Juste avant d’endormir les dieux, ils vous ont jeté une malédiction des plus ennuyeuses : celle de rester coincé à vie dans votre palais de misère, en utilisant une boule de puissance qui se trouve aujourd’hui à Olympe.

– Pourquoi me rappelez-vous tout ça ?

– Parce que je souhaite vous aider à nouveau dans votre travail ! J’ai des arguments plus que convaincants pour vous séduire.

– Ah oui ? Et quels sont-ils ? demanda le Seigneur, intéressé.

– Ceux-ci !

 

Elle plaça un miroir face à lui et lui demanda d’observer attentivement ce qu’il allait y voir. Alias regarda, et n’en crut pas ses yeux.

 

– Une fois mon travail funèbre achevé pour renverser l’ordre royal, je suis allée à Olympe pour y demander asile en tant que reine veuve et en fuite après une attaque du palais. Les Olympiens m’ont offert leur hospitalité durant plusieurs annuels. Mais mon but était de trouver cette boule de puissance pour vous faciliter la tâche. Et je l’ai trouvée ! Les Olympiens l’ont cachée dans les catacombes de la ville. Mais la découverte la plus surprenante était celle-ci !

 

Le Seigneur examina de nouveau le miroir, et le désespoir se peignit sur son visage. Tout semblait s’écrouler autour de lui. Ce qu’il voyait lui était insupportable.

 

– Ce n’est pas possible !

– Et pourtant ! Vous le constatez par vous-même, je ne l’ai pas inventé ! Ce jeune homme des dieux en est un !

– Comment cela a-t-il pu se produire ?

– Je ne le sais pas plus que vous. Mais ce que je sais, en revanche, c’est que vous aurez besoin de mon aide pour affronter cela et vous préparer à ce coup de théâtre.

– Pourquoi vouloir m’aider ainsi ? demanda Alias, soudain soupçonneux.

– Parce que tout comme vous je veux voir Arcane mourir, et que je veux régner à vos côtés sur le royaume.

– J’ai déjà une amante pour gouverner à mes côtés.

– Mais ne vous a-t-elle pas dupé ?

– Si. Mais le pardon est nécessaire quand on aime.

– C’est juste. Mais puisqu’elle vous a trahi une fois, elle ne se gênera sans doute pas pour recommencer.

– Soit ! Que me proposez-vous, alors ?

– De retrouver sa trace pour commencer, et ensuite de savoir pourquoi lui et pas le petit Erwan.

– Comment allez-vous procéder ?

– Je compte faire appel à un vieil ami.

– Et qui est-il, ce vieil ami ? demanda le Seigneur.

– Herne le chasseur. Ou Cernunnos, de son vrai nom, répondit la reine.

– Je ne connais pas ce Cernunnos !

– Il surgit des ténèbres en hiver et se lance dans une chasse sauvage, accompagné de sa meute de chiens fantômes. Il hante les forêts du royaume à la tombée du froid.

– Est-il recommandable ?

– Plus que tout ! C’est le meilleur : il ne rate jamais sa cible, et retrouve toujours la trace de son gibier.

– Bien, que ceci soit votre tâche pour commencer. Faites-moi un rapport le plus souvent possible.

– Qu’il en soit ainsi, termina la reine.

 

Elle remit sa capuche et quitta la salle sans un mot de plus. Alias se tourna vers son sorcier et demanda d’un ton sec :

 

– Pourquoi n’est-ce pas le petit Erwan ?

– Je n’en sais rien ! Ceci doit être de la puissante magie ! Ou bien la Prophétie a changé suite à un bouleversement de lignée.

– Et quel pourrait être ce bouleversement ?

– Trois enfants des dieux sont venus de l’autre monde pour devenir les nouveaux Chevaliers de l’ordre, donc cela veut dire qu’ils ont été choisis par le prophète du Triangle. Mais si Merlin a préféré changer la Prophétie, c’est qu’il devait avoir une bonne raison de le faire.

– Et quelle serait cette raison ?

– Une raison des plus secrètes, qui remet en cause toute la lignée des chevaliers, donc son ordre ! Ce qui veut dire que cet enchanteur a connaissance d’un événement important qui va tout bouleverser. Mais je ne peux le deviner !

– ALORS TROUVEZ-LE ! s’énerva le Seigneur.

 

Sous le coup de la colère, Alias sentit la rage monter en lui et de cette rage, il déchaîna ses pouvoirs dans la salle. Des boules de feu, d’énergie et des éclairs de puissance volaient dans tous les sens, détruisant tout, quand une des sphères d’énergie rebondit sur un miroir et revint sur son envoyeur, ce qui le projeta avec force contre un mur de pierre, qui explosa en poussière. Le sorcier prit peur de cette décharge de pouvoirs malfaisants.

Le Seigneur se releva sans difficulté d’un amas de pierres, frotta ses vêtements de ses mains pour en extraire la poussière et dit d’un ton sec :

 

– Il faut lever cette malédiction le plus vite possible, sinon je risque de m’énerver davantage ! Je sens que ça ne va pas tarder si on ne fait pas au plus vite ce que je demande. Vous rendez-vous compte que je ne peux pas sortir de ce château ? Que je ne peux même pas aider mes armées à mettre en pièces le royaume ? Je meurs d’envie de faire craquer un cou entre mes mains rien que pour sentir le plaisir d’entendre le bruit qu’une colonne vertébrale fait en se brisant ! C’est dur ! Vous ne pouvez même pas l’imaginer ! ALORS, AIDEZ LA REINE À TROUVER CET ENFANT !

– Mais que voulez-vous que je fasse de plus, alors que je pourrais être utile pour autre chose ?

– Je viens de vous dire d’aider la reine à trouver cet enfant ! Vous êtes sourd ?

 

Un garde orc entra dans la salle, ne laissant pas le temps au sorcier de répondre.

 

– Excusez-moi mon Seigneur, mais nous avons reçu un parchemin provenant de la troupe de lacertes. Elle a décimé Bar-Kara. Mais les deux cousins du petit enfant des dieux ont réussi à s’échapper grâce à l’aide de la compagnie royale.

– Mais que faisait la compagnie royale à Bar-Kara ? demanda le Seigneur.

 

L’orc ne savait quoi répondre à cette question, mais Briac suggéra :

 

– Si la compagnie royale a attaqué nos troupes lacertes, cela veut dire qu’elle est dirigée par des personnes haut placées, dit le sorcier avec fierté.

– Donc l’ordre du Conseil et Merlin instaurent une résistance ! Nous allons mettre un terme à tout ça ! Retrouvez-moi leur camp de base, et tuez-les tous ! Je ne veux aucun survivant !

– Il y a un autre problème, mon Seigneur. La princesse Winna est avec eux : si nous la tuons par mégarde, le roi des elfes lancera ses armées sur nous, dit l’orc de sa voix caverneuse.

– Que ça leur chante ! Je n’ai peur d’aucun être de ce royaume, je les écraserai tous un par un s’il le faut ! Ouvrez les portes de bronze, et faites sortir une partie de mes armées ! Il faut d’abord que j’écrase cette résistance avant d’envahir Olympe, ou bien faisons les deux en même temps ! Tout bien réfléchi, il faut d’abord retrouver Merlin, et je pense qu’un de mes amis pourrait m’aider dans mon œuvre. Merlin se fera prendre au piège comme un rat : il est fini. Il sera dans l'obligation de nous dévoiler son petit secret !

 

Peu après que le Seigneur eut dévoilé son plan, l’orc avait fait tout ce que lui avait été demandé. Les portes de bronze s’ouvrirent sur une immense route, la route des damnés qui menait aux Terres maudites, dans un bruit métallique des plus démoniaques. Sur ces portes était gravée la naissance des enfers pendant la création du royaume, et de celles-ci sortaient des monstres par milliers, enragés, impatients de détruire et de tuer. Face à eux se dressait un énorme feu qui avait été allumé auparavant. Ils s’arrêtèrent face au foyer et ne bougèrent plus. Au milieu des flammes apparut la silhouette du Seigneur.

 

– Votre destination sera Olympe. Votre mission est d’envahir cette ville pour détruire la boule de puissance. Et si le Conseil et sa résistance vous barrent le chemin, tuez-les tous ! Établissez votre camp de base dans les Landes des reptiles et attendez mes instructions, car je veux d’abord retrouver ces enfants des dieux !

 

Le feu explosa en une myriade d’étincelles et disparut.

Les armées de monstres continuèrent leur chemin vers les Landes des reptiles, dans la lueur vive des lunes nocturnes.

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June 13, 2019

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