Interview : Vincent Lepage

21/09/2018

Pouvez-vous vous présenter en tant qu’écrivain ?

Oui, bien sûr ! Mon nom d’auteur, c’est Vincent Lepage. Si Vincent est mon vrai prénom, Lepage est le nom de famille que j’utilisais quand je travaillais en centre d’appel, pour une compagnie d’assurance très connue. Quand j’ai décidé de publier mes textes, ce nom m’est venu tout naturellement : je l’utilisais depuis une petite dizaine d’années déjà, il m’était familier… et d’une certaine façon, j’étais aussi Vincent Lepage.

 

Comment êtes-vous entré dans le milieu littéraire ?

Un peu par hasard.

Je ne connaissais rien du tout au milieu littéraire, en tout cas pas côté coulisses. J’écris depuis pas mal de temps, et j’ai un jour envoyé un texte à Pedro, qui gérait un site sur lequel chacun pouvait faire publier ses textes. Quelle ne fut pas ma surprise en recevant un mail qui m’annonçait que mon texte allait être publié ! Ce texte, c’est Un week-end parfait, que j’ai considérablement remanié et complété depuis, et qui sort début décembre.

S’en sont suivis quelques autres textes courts, puis une longue période pendant laquelle je n’ai rien écrit : la Vie a parfois de curieuses manières de traiter les vocations, et j’étais bien trop occupé pour pouvoir vraiment prendre le temps d’écrire.

Puis, enfin, j’ai pu revenir à mes premières amours, et je me suis inscrit sur WattPad (le site de Pedro avait fermé entre temps) pour publier les premiers chapitres de Baptiste. Là encore, j’ai été surpris par les réactions à ce qui allait devenir mon premier roman : chaque semaine, mes lecteurs attendaient la suite avec impatience ! Les commentaires positifs, les messages enthousiastes, et enfin la fameuse question : « quand est-ce qu’il sort en version papier ? ». J’étais aux anges, et je venais de faire mon entrée dans le fameux « milieu littéraire ».

 

Pouvez-vous nous présenter vos livres ?

(rires)

Vous faites bien d’employer le pluriel : j’écris beaucoup, et surtout je travaille sur plusieurs titres en même temps. C’est l’avantage de travailler sur une plate-forme comme WattPad : notre inspiration peut s’exprimer sous toutes ses formes, et de toutes les manières. Je vais me contenter – pour cette fois – de parler de ceux qui sont déjà disponibles.

Revenons sur Baptiste, puisque c’est mon premier roman. L’action se déroule pendant l’été 2000, dans une famille qui ressemble un peu à la mienne. Romain, qui a presque seize ans, vient de finir le collège, et tente d’éviter la pension, qui est une sorte de tradition familiale. Mais Romain est aussi un adolescent qui assume pleinement son homosexualité, ce qui ne manque pas de provoquer régulièrement des remous au sein du cercle familial. Et les remous vont se transformer en tempête quand Romain va se faire surprendre en train d’embrasser l’un des ouvriers agricoles du domaine… Rassurez-vous, toutefois : au milieu de tout ce tumulte, Romain va démontrer qu’il ne manque pas de ressources. Mais je ne vous en dis pas plus : je vous laisse découvrir tout ça par vous-mêmes.

Un mot rapide également sur Rapprochement, le tout, tout premier livre que j’ai publié. C’est une nouvelle que j’ai écrite pour l’un de mes amis, qui avait évoqué avec moi l’histoire d’un baiser volé. Il m’avait proposé d’écrire autour de ce thème : c’est ainsi qu’est né ce texte, qui est disponible en numérique, bien évidemment, mais aussi au format papier, et en grands caractères, pour les personnes malvoyantes.

 

Pouvez-vous nous parler, et présenter vos projets futurs ?

Je travaille actuellement sur la suite de Baptiste, où l’on retrouvera Romain et sa famille, bien évidemment, ainsi que de nouveaux personnages. Pour le moment, le projet avance doucement, mais il se construit petit à petit.

Un week-end parfait aura une suite, qui s’intitulera Une casquette blanche, et qui est également une reprise d’un texte publié chez Pedro. L’intrigue tournera cette fois autour d’Anthony et Jérémy, et d’autres histoires sont prévues avec l’équipe du GCafé.

Le texte sur lequel je travaille le plus intensément – il est disponible sur WattPad – c’est #PornstarBoy. On y découvre Erik, qui travaille pour la Conciergerie. La Conciergerie, c’est une entreprise qui prend en charge la vie quotidienne des personnalités : politiques, sportifs, industriels, stars de la télévision ou du cinéma… Erik vient de se voir confier une nouvelle mission, auprès de Max Hensley, la coqueluche d’Hollywood, qui fait régulièrement la une de la presse à scandales. Parce que Max a une particularité : avant de faire exploser le box-office, il était déjà acteur… de films pornographiques gays. Et s’il croule sous les propositions venant de tout ce que le cinéma compte de maisons de production, il a décidé de ne pas lâcher son ancien métier. Pour Erik, qui est habitué au luxe discret des grandes maisons et des palais nationaux, la situation va rapidement devenir compliquée. Parce qu’avec Max, rien ne se passe jamais comme prévu.

 

Quelles sont vos motivations à écrire des histoires ?

Voilà une question à laquelle j’aurais bien du mal à répondre… Je ne sais pas vraiment, en fait : j’ai toujours adoré écrire. Gamin, je lisais énormément – c’est toujours le cas, d’ailleurs – et quand la fin d’un livre ne me plaisait pas, je la réécrivais. Même quand je lisais Jules Verne ou Victor Hugo… Ça doit être ça, l’insouciance de la jeunesse !

Mais si je devais trouver une motivation, une seule, ce serait mes lecteurs. Rien ne me fait plus plaisir que les commentaires enthousiastes (la plupart du temps) de mes lecteurs. C’est sans nul doute la plus belle des récompenses.

 

L’écriture, vous sert-elle de résilience ?

Assurément, oui. Écrire, ce n’est pas simplement aligner des mots sur un cahier ou sur un écran d’ordinateur. Écrire, c’est donner vie à un univers, à des personnages, à leurs histoires. Comme un compositeur crée la musique grâce aux notes sur une partition, l’écrivain se sert des mots pour coucher sur le papier ses rêves, ses intuitions, ses fantasmes. En cela, l’écriture est parfois un refuge, un moyen de faire revivre le passé, ou de peindre un futur possible.

C’est aussi le plus doux des moyens de s’exprimer, et aussi de se libérer. Comme le disait si bien Marguerite Duras : « écrire, c’est hurler sans bruit ». Je ne connais rien de plus libérateur, de plus salvateur que l’écriture.

 

Quelle est la question jamais entendue que vous rêveriez que l’on vous pose ?

« Leonardo DiCaprio voudrait savoir si vous accepteriez de lui confier le rôle… »

Bien évidemment, la réponse serait « oui », sans la moindre hésitation !

 

Pensez-vous qu’écrire c’est vivre la réalité de son imagination ?

Ouch ! Question philosophique !

Je pense qu’écrire, c’est un moyen de donner vie à notre imagination. Il en existe d’autres, mais l’écriture est sans nul doute le meilleur de tous.

J’aime à comparer mon travail à celui d’un sculpteur. Les idées, c’est la pierre brute, une phrase couchée sur un cahier d’écolier. Mon travail consiste à développer cette idée, à lui donner corps, et à la ciseler jusqu’à ce que la statue sorte de la pierre, jusqu’à ce que le meilleur d’une idée résumée en quelques mots émerge de l’encre et du papier, pour donner naissance à un petit morceau d’univers. Là, chaque personnage, chaque sentiment, chaque paysage est décrit avec toute la précision de l’auteur. Et pourtant, chaque lecteur en aura une vision différente.

C’est ce qui rend la littérature supérieure au cinéma : un écrivain, contrairement à un cinéaste, n’impose aucune image au spectateur de son imagination.

 

Quel est votre roman préféré ?

Difficile à dire… Je lis beaucoup, et il y a dans tous ces livres d’excellents romans !

Je lis pêle-mêle Tom Clancy, Jules Verne, Clive Cussler, Zola, Balzac, Heinlein, Christie, Clarke, Hugo…

Allez, puisqu’il faut donner un titre : Octobre rouge, de Tom Clancy. Ce techno-thriller, dont l’adaptation au cinéma avec notamment Sean Connery a été un succès retentissant, est un modèle du genre. Parfaitement documenté, il raconte l’histoire du passage à l’Ouest d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins de l’Union soviétique. Le texte est puissant, les personnages sont dépeints avec toutes leurs contradictions, l’action est présente tout au long du livre… et la fin est à couper le souffle !

 

Quel est votre genre préféré lors de vos compositions ?

Le roman, assurément. C’est le genre qui permet de développer au mieux son histoire. Mais je n’hésite jamais à écrire une nouvelle : le plus important n’est –à mon sens – jamais le nombre de mots d’un texte. J’ai déjà lu de magnifiques textes de cinq mille mots, et soupiré devant d’autres de cent mille mots… Qualité et quantité ne sont pas liées.

 

Qu’attendez-vous de vos ouvrages ? De vos lecteurs ?

De mes ouvrages, j’attends qu’ils se vendent, au moins un peu (rires). Plus sérieusement, j’espère que mes livres sont à la hauteur de ce qu’en attendent mes lecteurs, et à la hauteur de l’ambition que j’ai pour eux : bien écrits, compréhensibles, intéressants… Pas facile de juger de ça lorsqu’on est l’auteur d’un texte. Mais les lecteurs sont là pour vous indiquer ce qui va… ou ce qui ne va pas.

De mes lecteurs, j’attends qu’ils prennent du plaisir à me lire. Et si ce n’est pas le cas, c’est sans doute que je suis passé à côté de quelque chose.

 

Si vous deviez dire un mot pour vos lecteurs, quel serait-il ?

Un mot, un seul ? Merci !

Merci de me lire. Merci de partager avec moi vos impressions, vos ressentis. Merci d’être là.

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June 13, 2019

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