Interview : Le Chroniqueur de la Tour

28/08/2018

Pouvez-vous vous présenter en tant qu’écrivain ?

J’ai pris le pseudonyme du Chroniqueur de la Tour. C’est un nom adapté à la série de romans que j’écris : une chronique des grands évènements de la Renaissance dans un monde alternatif où il y a de la magie et des créatures fantastiques. C’est à la fois un nom d’auteur (le costume que je vais endosser pour cette interview) mais aussi le narrateur dans 1515-1519 et ce narrateur n’est pas neutre. Il est une partie prenante de l’univers décrit et il se dévoilera petit à petit.

 

Comment êtes-vous entré dans le milieu littéraire ?

Une fois le concept trouvé et le premier tome écrit (de loin la partie la plus amusante), j’ai décidé d’aller frapper à la porte d’éditeurs spécialisés fantasy (je ne donnerai pas de noms). Quelle n’a pas été ma surprise en découvrant que la plupart n’acceptaient plus de manuscrits ! Finalement, j’en ai trouvé quatre qui me plaisaient et qui en acceptaient encore.

Je suis allé au Salon du Livre sur les stands desdits éditeurs. Très vite, en discutant avec leurs représentants et quelques auteurs (que je remercie pour le temps qu’ils m’ont accordé), j’ai compris que le marché fantasy était saturé et que faire publier une série alors qu’on était un auteur inconnu était un pari extrêmement difficile à gagner. J’ai donc traversé une allée et me voilà sur le stand de Librinova, spécialisé en auto-édition !

 

Pouvez-vous nous présenter vos livres ?

Le projet de ma série de romans est de raconter les évènements les plus importants de l’Histoire dans un monde parallèle, proche du nôtre. Dans ce monde, les frontières entre le réel et la matière d’un côté et les mythes et les symboles de l’autre côté sont abolies. Il s’agit de ré-enchanter l’Histoire en y mêlant de la fantasy. C’est comme si « Game of Thrones » se passait dans le monde réel et avec des personnages historiques. Du coup, on peut jouer avec le lecteur. Par exemple, quand dans 1515-1519 Léonard de Vinci arrive en France, le lecteur sait qu’il a amené dans ses bagages La Joconde. Je peux jouer avec cette attente et je vous garantis qu’au bout de cette attente, le lecteur va avoir une grosse surprise.

 

Pouvez-vous nous parler, et présenter vos projets futurs ?

La suite de 1515-1519 est en phase de relecture/révision. Elle s’appellera 1520-1522. Chaque tome de la série a un arc narratif complet pour la plupart des personnages mais bien sûr certains « mystères » ne seront résolus que dans le tome suivant.

 

Quelles sont vos motivations à écrire des histoires ?

J’ai toujours inventé des histoires dans ma tête. C’est un véritable exercice de salubrité mentale que de s’échapper du quotidien. On dit qu’en lisant on peut vivre plusieurs vies, mais en entrant dans la peau de personnages on peut vivre ces multiples vies encore plus intensément.

 

L’écriture, vous sert-elle de résilience ?

Si s’échapper du monde actuel et prendre du recul permet une résilience, alors oui.

 

Quelle est la question jamais entendue que vous rêveriez que l’on vous pose ? (Écrivez-la et répondez-y)

Mais pourquoi donc commencer en 1515 ?

C’est une date symbolique que tout le monde connait. La bataille de Marignan bien sûr. Etonnamment, cette célébrissime bataille n’avait jamais fait l’objet de traitement littéraire jusqu’à présent. A ma connaissance, je suis le premier à créer des personnages qui vont y participer. Et 1515, ouvre une période de très grand bouleversement : l’arrivée du protestantisme poussé par l’essor de l’imprimerie, la véritable découverte de l’Amérique avec les Espagnols qui se confrontent aux Aztèques qui étaient autrement plus puissants que les petites tribus sur les îles découvertes par Christophe Colomb. C’est la fin des illusions sur l’idéal chevaleresque. C’est l’époque de Machiavel, c’est l’essor des canons et des arquebuses, c’est la fin des châteaux forts. C’est les prémices du capitalisme financier avec les Médicis et les Fugger. C’est la multiplication des portraits sur commande (presque des selfies !) et l’essor de l’individualisme. Il y a 500 ans, on commençait à discerner clairement les traits du monde d’aujourd’hui.

 

Pensez-vous qu’écrire c’est vivre la réalité de son imagination ?

Exactement. C’est en fait une expérience scientifique virtuelle. On émet une hypothèse, on la teste avec des personnages (qui font office de cobayes) et on en tire certaines conclusions de portée générale.

 

Quel est votre roman préféré ?

L’Histoire sans fin de Michael Ende. Le livre est encore meilleur que le film de Wolfgang Petersen, qui était déjà sublime. L’Histoire sans fin est comme une galerie où des miroirs se font face. En tendant un miroir au lecteur qui lui-même projette ses émotions dans le livre, on finit par se retrouver dans un espace infini. Voilà un livre pour peupler une île déserte et la rendre immense !

 

Votre pire souvenir lors d’une dédicace ?

Ma première dédicace est prévue le 9 Septembre 2018, donc pour l’instant rien à signaler !

 

Quel est votre genre préféré lors de vos compositions ?

Je serai tenté de dire la fantasy mais pas dans le sens étroit où on l’entend habituellement. Dans mes livres, il y a des éléments de romans historiques, policiers, d’espionnage, de guerre, de la romance…. Il se trouve juste qu’il y a en plus des fantômes, une armée de morts-vivants, une salamandre qui crache des flammes et un aigle à deux têtes (et d’autres surprises que je ne spoilerai pas…). Si un roman doit refléter la vie, vous ne pouvez pas vous cantonner à un genre particulier. Dans une journée, vous pouvez très bien passer du drame à la comédie. Les livres que j’écris reflètent cela, avec un dragon de ci, de là pour pimenter l’affaire !

 

Qu’attendez-vous de vos ouvrages ? De vos lecteurs ?

Je souhaite que mes histoires transforment le lecteur… Au moment de tourner la dernière page d’un livre, je veux que le lecteur ne soit plus tout à fait le même que lorsqu’il avait tourné la première page. Je vous garantis qu’après la lecture de 1515-1519, vous ne visiterez plus les châteaux de la Loire ou regarderez La Joconde de la même manière !

 

Si vous deviez dire un mot pour vos lecteurs, quel serait-il ?

Curiosité. Ce n’est pas un vilain défaut.

 

Le Chroniqueur de la Tour dédicace au marché de l'auto-édition le dimanche 9 septembre à Maison-Alfort.

 

 

 

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